#Vue d'ensemble
Imprime un dégradé tramé sans correction et compare-le à ton écran d'ordinateur : le tirage est plus sombre, les tons moyens sont bouchés, les hautes lumières ont disparu. Rien n'est cassé — c'est la physique du procédé. Chaque point de trame grossit entre le typon et le tissu :
- À l'insolation : la lumière contourne légèrement les points du film ; les petits points des hautes lumières ne durcissent pas assez d'émulsion et disparaissent au rinçage, les zones denses se referment.
- À l'impression : l'encre pressée à travers la maille s'étale au-delà du point ouvert — d'autant plus que la maille est grossière, l'encre fluide, la pression forte.
Résultat : un point de 50 % sur le film peut couvrir 65-75 % sur le tirage. La courbe tonale entière est déformée — et déformée différemment dans chaque atelier. C'est pour ça que les valeurs de compensation « standard » des manuels ne marchent jamais tout à fait : elles décrivent l'atelier de quelqu'un d'autre.
#La réponse par la mesure
Calibration Flow ne te demande pas d'estimer ton gain de point : elle le mesure. Le workflow est celui de la première calibration, appliqué à la sérigraphie :
- Génère la mire — 25 patchs de valeurs connues, du blanc au noir. Exporte-la en positif tramé, comme un typon normal (polarité et trame).
- Tire la mire en sérigraphie — ton écran, ton émulsion, ton encre, ta pression, ton support. C'est tout l'intérêt : la mire traverse exactement la chaîne que tes images traverseront.
- Photographie le tirage sec — lumière homogène, pas d'ombre portée.
- Importe la photo — l'app détecte la mire, lit la valeur réelle de chaque patch et trace la dérive : ce que 10 %, 20 %, … 90 % sont devenus.
- La courbe de compensation est générée — elle pré-éclaircit exactement ce que ton procédé assombrit. Elle s'applique automatiquement à tous tes typons suivants, et s'exporte en
pour Photoshop si tu prépares tes visuels ailleurs..acv
Recalibre quand un maillon change : autre maille, autre encre, autre émulsion, autre presse. Les courbes se conservent en bibliothèque — une par configuration d'atelier.
#Ce que ça change concrètement
- Les hautes lumières existent. Sans compensation, tout ce qui est au-dessus de ~85-90 % de luminosité s'imprime blanc pur. La courbe redonne des points à ces zones.
- Les tons moyens respirent. Le « bouchage » des 40-70 % — là où vivent les visages, les ciels, les matières — est pré-corrigé.
- Les dégradés se raccordent. Un dégradé qui « saute » d'un coup vers l'aplat est le symptôme classique d'un gain non compensé.
- La série est reproductible. La courbe encode ton atelier ; tant que la chaîne ne change pas, le rendu ne change pas.
#Limites honnêtes
La courbe compense la dérive tonale, pas les défauts mécaniques : un écran sous-tendu, une insolation inégale ou une racle usée produisent des variations que la mesure moyenne. Si deux tirages de la même mire donnent deux mesures très différentes, stabilise le procédé avant de calibrer — la calibration fige ce qu'elle mesure, y compris l'instabilité.
#À retenir
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Le problème | Gain de point : trame bouchée, hautes lumières perdues, tons moyens sombres |
| La cause | Insolation + étalement de l'encre dans la maille — propre à chaque atelier |
| La réponse CF | Mire 25 patchs tirée dans TES conditions, mesurée, → courbe de compensation |
| Application | Automatique sur tous les typons suivants · export |
| Quand recalibrer | À chaque changement de maille, encre, émulsion ou presse |
| Accès | Gratuit |
