La première calibration est l'étape qui transforme ton procédé alternatif de "ça marche en gros" à "ça marche de manière reproductible". Tu mesures concrètement comment ta chimie répond à la lumière sur ton papier avec ta source UV, et tu obtiens une courbe de correction que tu appliqueras à toutes tes futures images pour qu'elles tirent comme tu les a vues.
Compte une heure à deux heures du début à la fin, en incluant le temps de séchage du papier sensibilisé. La manipulation active dans l'app représente quinze à vingt minutes. Le reste est de l'attente — la chimie qui sèche entre les étapes.
#Ce que tu fais
Première étape — Télécharger la mire. Ouvre Calibration Flow, va dans le module Mire, choisis la variante adaptée à ton procédé. Pour un cyanotype, un Aquaprint, un charbon, un bromoil ou un gumoil : prends une mire négative. Pour un résinotype : une mire positive. Pour la version : commence par la simple. Si ton imprimante rend mal les aplats, prends la version A4 paysage haute résolution avec tramage. Le fichier téléchargé est un PNG haute résolution, prêt à imprimer.
Deuxième étape — Imprimer sur transparent. Imprime le PNG sur un transparent jet d'encre sans aucune gestion de couleur — c'est la règle absolue, sans laquelle ta calibration sera fausse même si tout le reste est impeccable. La page Imprimer une mire sans gestion de couleur explique comment désactiver les corrections automatiques de ton imprimante.
Troisième étape — Sensibiliser ton papier. Selon ton procédé, prépare ton papier sensibilisé comme d'habitude — sensibilisateur au pinceau pour le cyanotype, gomme pré-sensibilisée pour l'Aquaprint, etc. Pas de spécificité Calibration Flow ici, ton workflow chimique habituel s'applique.
Quatrième étape — Insoler ta mire. Pose le transparent sur le papier sensibilisé, insole pendant la durée prévue pour ton procédé avec ta source UV habituelle. Sèche ensuite ton papier exposé selon ta routine. Toute la chaîne chimique habituelle s'applique. Une fois sec, tu as physiquement une mire tirée — 25 patchs gris du blanc papier au noir le plus dense atteignable par ton procédé.
Cinquième étape — Importer dans l'app. Photographie la mire séchée avec ton iPhone ou scanne-la avec un scanner à plat. Importe la photo dans Calibration Flow via le module Courbe. Format HEIC iPhone, JPEG, PNG — tous sont lus directement.
Sixième étape — Analyser et ajuster. L'app place automatiquement les zones de mesure sur ta mire scannée et calcule la courbe de réponse de ton procédé. Le Smart Analyzer propose un point de départ raisonnable pour les trois sliders (point noir, point blanc, gamma médian). Tu ajustes si nécessaire — l'aperçu et la courbe se mettent à jour en temps réel. Voir Analyse tonale pour le détail.
Septième étape — Exporter le .acv. Quand la courbe te convient, exporte-la au format
.acv Adobe. Tu obtiens un petit fichier (moins d'un kilo-octet) que tu chargeras dans la palette Courbes de Photoshop sur tes images finales. Tu peux aussi sauvegarder la calibration comme preset dans la bibliothèque pour la retrouver plus tard.
#Pourquoi prendre le temps de calibrer
Sans calibration, ton procédé répond à sa façon — les ombres se bouchent au noir, les hautes lumières s'écrasent au blanc, la plage tonale utile fait peut-être 8 à 10 niveaux de gris exploitables sur les 25 que ton papier peut techniquement produire. Avec calibration, tu retrouves la plage complète — 20 à 22 niveaux distincts sur tes tirages finaux. Visuellement, c'est la différence entre un tirage "approximatif" et un tirage "fidèle".
C'est aussi ce qui rend ton travail reproductible dans le temps. Une calibration sauvegardée le 19 mai 2026 te dit exactement comment ton procédé répondait ce jour-là. Six mois plus tard, tu peux refaire une calibration et comparer — si la nouvelle courbe est très proche de l'ancienne, ta chimie est stable. Si elles divergent, tu sais que quelque chose a dérivé.
#Quand commencer plus tard
Si tu débutes complètement en alt-process. Familiarise-toi d'abord avec le procédé pendant trois ou quatre tirages — apprends à sensibiliser, à insoler, à laver. Une fois que tu sors un cyanotype propre du premier coup, c'est le moment de calibrer.
Si tu fais un tirage unique sans intention de série. La calibration prend une heure ou deux. Si tu veux juste essayer un procédé pour le plaisir sans en faire une pratique régulière, tu peux sauter cette étape — le résultat ne sera pas optimal mais reste valable.
Si ton procédé est encore instable. Si ta chimie varie d'un tirage à l'autre, ou si tu changes encore régulièrement de papier, calibrer maintenant n'a pas grand sens — la calibration capturera juste un état temporaire. Stabilise d'abord ta routine, puis calibre.
#À retenir
| Étape | Durée |
|---|---|
| Télécharger la mire | 1 minute |
| Imprimer sur transparent | 2-3 minutes |
| Sensibiliser le papier + séchage | 20-30 minutes |
| Insoler la mire | Variable selon ton procédé |
| Sécher le tirage | 10-30 minutes |
| Importer + analyser | 5-10 minutes |
| Ajuster + exporter | 5-10 minutes |
| Total | 1 à 2 heures |
#Le test
Fais ta première calibration sur un procédé que tu maîtrises (typiquement le cyanotype). Une fois la courbe
.acv exportée, applique-la dans Photoshop à une image que tu as déjà tirée auparavant sans calibration. Tire la version corrigée en suivant exactement le même protocole que la version non corrigée. Compare les deux tirages — la version corrigée doit avoir plus de nuances dans les ombres et plus de blancs respirés. Si tu ne vois pas de différence, soit ta calibration n'a pas saisi la réponse de ton procédé, soit ton procédé est déjà très linéaire (cas rare).
